La prévention

Le tabagisme

Il existe une multitude de produits de tabac (cigares, cigarettes, tabac à mâcher et tabac à priser…) et ils ont tous un impact négatif sur la santé. Plusieurs problèmes de santé sont associés à l’usage du tabac : problèmes de santé vasculaire, maladies pulmonaires, cancer du poumon et autres types de cancer. [1] 

La nicotine est l’une substance hautement addictive que l’on retrouve dans la plupart des produits de tabac. La fumée de tabac contient plus de 4 000 produits chimiques et plus de 70 d’entre eux sont reconnus comme étant cancérogènes. Au Canada, on estime que le tabagisme est responsable de 30 % des décès liés au cancer et de 85% des cas de cancer du poumon. De plus, la fumée secondaire est un autre problème lié au tabagisme, puisque les personnes non-fumeuses peuvent aussi être affectées par les effets néfastes du tabac. [2].

Selon l’Unité de recherche sur le tabac de l’Ontario, la dépendance est la raison principale pour laquelle il est difficile d’arrêter de fumer. En moyenne, il faut environ trente tentatives pour qu’une personne réussisse à arrêter de fumer. Cependant, même si cela peut sembler décourageant, chaque tentative a un taux de succès plus élevé que la précédente. Le taux de succès est d’environ 9 % pour la première tentative alors qu’il est de 92% après une période de deux ans durant laquelle la personne a tenté d’arrêter. [3].

Arrêter de fumer

Il n’est pas facile de cesser de fumer, mais, puisque le tabagisme est le principal facteur de risque du cancer du poumon, c’est l’une des meilleures choses que vous puissiez faire pour votre santé pulmonaire. Le risque de développer un cancer du poumon est beaucoup moins élevé chez les personnes qui arrêtent de fumer ; après qu’une personne ait cessé de fumer, le taux de risque diminue d’année en année. Il n’est jamais trop tard pour arrêter. [12]  

Il peut être très difficile d’arrêter de fumer, mais de nombreuses méthodes sont maintenant disponibles pour y arriver. La thérapie de substitution nicotinique (TSN), qui aide à traiter le manque de nicotine, est une des méthodes les plus populaires et efficaces. Il existe également plusieurs types de thérapie cognitive qui peuvent aider. [14,15].   

La Société canadienne du cancer offre plusieurs ressources pour arrêter de fumer et pour aider une personne à renoncer au tabagisme. Vous pouvez obtenir plus d’information sur la page : Obtenez de l’aide pour cesser de fumer. L’association Québec sans tabac offre également de l’information et du soutien pour les personnes qui hésitent ou qui veulent cesser de fumer. 

Les déterminants sociaux de la santé 

L’état de santé de chaque personne est influencé par une multitude de facteurs socio-économiques. [4] Bien que les choix individuels d’une personne puissent avoir un impact sur ces facteurs, ils sont le plus souvent déterminés par des forces sociales, économiques et politiques. Les principaux déterminants de la santé comprennent [5] :

  • le revenu et le statut social
  • l’emploi et les conditions de travail
  • l’éducation et la littératie
  • les expériences vécues pendant l’enfance
  • l’environnement physique
  • le soutien social et la capacité d’adaptation
  • les comportements sains
  • l’accès aux services de santé
  • la biologie et le patrimoine génétique
  • le genre
  • la culture
  • la race et le racisme

Dans le cas du cancer du poumon, le statut socio-économique d’une personne à une influence sur le facteur de risque. Entre autres, il y a un lien bien établi entre le niveau d’éducation d’une personne et le tabagisme, un facteur de risque de ce cancer [7].

Selon une étude de 45 sondages effectués à l’échelle nationale au Canada entre 1951 et 2011, le taux de tabagisme est en baisse dans la population, mais les écarts du taux de tabagisme entre les niveaux d’éducation des fumeurs ont augmenté.

En effet, le taux de tabagisme chez les femmes qui n’avaient terminé que leurs études secondaires était de 40 % en 1951 et de 32.6 % en 2011, tandis que chez les femmes ayant atteint un niveau d’étude universitaire ce taux était de 44.7% en 1950 et de 7.7 % en 2011. 

Chez les hommes, le taux de tabagisme pour les individus n’ayant terminé que leurs études secondaires était de 63.9 % en 1951 et de 42.5 % en 2011, tandis que pour ceux ayant atteint un niveau d’éducation universitaire ce taux était de 54.3 % en 1951 et de 12.6 % en 2011. [8,9] 

Bien que fumer soit un choix personnel, il ne faut pas ignorer que plusieurs facteurs contribuent au fait qu’une personne choisisse de continuer ou d’arrêter de fumer. Par exemple, un milieu social ou un lieu de travail où le tabagisme est très présent et le manque d’accès à certaines ressources peuvent faire en sorte qu’il est difficile pour une personne d’arrêter de fumer.

Les forces sociales et économiques jouent un rôle important dans notre santé et il incombe toujours à nos institutions et à nos agences gouvernementales d’appliquer des politiques de santé publique efficaces et fondées sur des données probantes qui répondent aux besoins de toutes les populations. 

Radon

Le radon est un gaz radioactif inodore, insipide et invisible que l’on retrouve naturellement  dans l’environnement. Il est relâché dans l’atmosphère lorsque l’uranium dans le roc ou dans le sol se détériore naturellement. Une fois libéré, le radon se désintègre en éléments radioactifs  qui s’attachent à la poussière et à d’autres substances présentes dans l’air que nous respirons.  On peut être exposés au radon lorsqu’il s’infiltre à l’intérieur des bâtiments et s’accumule dans les espaces clos et mal ventilés, tels que le sous-sol d’une maison ou certains lieux de  travail, en particulier, dans les mines d’uranium et d’autres minéraux qui n’ont pas de  système de ventilation approprié.  

L’Agence internationale de Recherche sur le Cancer classe le radon comme une cause  connue de cancer. Cependant, l’impact du radon en tant que facteur de risque dépend de la durée et l’intensité de l’exposition. Santé Canada estime qu’environ 16% des décès par  cancer du poumon sont causés par l’exposition au radon dans les domiciles privés, ce  qui équivaut à 3,000 décès, selon la Société canadienne du cancer. De plus, les fumeurs qui  sont exposés au radon ont un risque encore plus élevé de développer un cancer du poumon. 

Selon une étude conduite en 2014 suite à une demande de la Société canadienne du cancer, 96% des Canadiens n’ont jamais fait de test de détection du radon dans leur habitation. De même, un rapport publié par Santé Canada en 2012 affirme que 6.9 % de Canadiens vivent dans un lieu d’habitation où le niveau de radon est au-dessus des normes recommandées, qui  sont de 200 Becquerels par mètre cube (Bq/m3).     

La détection du radon 

Vous pouvez mesurer la concentration de radon dans votre maison à l’aide d’une trousse de mesure du radon, que vous pouvez vous procurer dans une quincaillerie ou en ligne, ou vous pouvez faire appel à un professionnel pour faire le test. Santé canada offre plus d’information sur le sujet sur leur site web : Le radon : Détection dans votre maison.

Réduire votre niveau d’exposition au radon 

Un niveau de radon de plus de 200 Bq/m³ à l’intérieur doit être réduit. Bien qu’il ne soit pas possible de réduire le niveau au point du niveau dans l’air extérieur, il est généralement possible de réduire le niveau à environ 75 Bq/m³ ou moins. Comme l’âge de votre maison  n’est pas un bon indicateur du niveau de radon à l’intérieur, vous devez faire des tests  pour en être certains.

Si le niveau de radon est trop élevé dans votre maison, vous pouvez faire appel à un spécialiste en radon pour le réduire. Plusieurs mesures peuvent être prises pour réduire le niveau de radon :  

  • Installer un système de dépressurisation du sol qui réduit la concentration de radon dans le sol, tout particulièrement près des fondations. Ce système est la méthode la plus souvent utilisée et, généralement, la plus efficace pour réduire le niveau de radon dans le sol. 
  • Sceller les fissures et les trous dans le plancher, les murs de la fondation et autour des raccordements aux services publics (eau, gaz, etc.) 
  • Couvrir les pompes de puisard et les drains (sans interférer avec leur fonctionnement).
  • Améliorer la circulation de l’air en ouvrant régulièrement les fenêtres ou en installant un système de ventilation qui contribue à assurer une circulation équilibrée de l’air intérieur et extérieur.

Références

[1] « Smoking and Cancer. » Canadian Cancer Society. Canadian Cancer Society, 2016. Web. 22 Mar. 2016.[2] ibid.
[3] Quitting Smoking in Ontario. Digital image. The Ontario Tobacco Research Unit. Ontario Tobacco Research Unit, Nov. 2013. Web. 22 Mar. 2016.
[4] Mikkonen, Juha, and Dennis Raphael. « Social Determinants of Health: The Canadian Facts. » The Canadian Facts. www.thecanadianfacts.org, 2010. Web. 22 Mar. 2016.
[5] ibid.
[6] ibid.
[7] Corsi, Daniel J., Michael H. Boyle, Scott A. Lear, Clara A. Chow, Koon K. Teo, and S. V. Subramanian. « Trends in Smoking in Canada from 1950 to 2011: Progression of the Tobacco Epidemic According to Socioeconomic Status and Geography. » Cancer Causes & Control 25th ser. 25.1 (2014): 45-47. Springer. Web. 22 Mar. 2016.
[8] ibid.
[9] ibid.
[10] ibid.
[11] « Lung Cancer. » Lung Cancer Canada. Lung Cancer Canada, 22 Sept. 2011. Web. 23 Mar. 2016.
[12] OncoLink Team. « Former Smokers and Cancer Risk. » OncoLink. Abramson Cancer Center of the University of Pennsylvania, 23 Mar. 2012. Web. 23 Mar. 2016.
[13] Quitting Smoking in Ontario. Digital image. The Ontario Tobacco Research Unit. Ontario Tobacco Research Unit, Nov. 2013. Web. 23 Mar. 2016.
[14] « Nicotine Replacement Therapy. » MedlinePlus. U.S. National Library of Medicine, 2 Aug. 2015. Web. 23 Mar. 2016.
[15] Quitting Smoking in Ontario. Digital image. The Ontario Tobacco Research Unit. Ontario Tobacco Research Unit, Nov. 2013. Web. 23 Mar. 2016.
[16] « Radon. » Canadian Cancer Society. Canadian Cancer Society, 2016. Web. 23 Mar. 2016.
[17] Health Canada. Table 3. Digital image. Cross-Canada Survey of Radon Concentrations in Homes. Health Canada, Mar. 2012. Web. 23 Mar. 2016.
[18] « Radon. » Canadian Cancer Society. Canadian Cancer Society, 2016. Web. 23 Mar. 2016.