Bien vivre

La nutrition 

Comme avec tout cancer, les traitements de radiothérapie et de chimiothérapie peuvent avoir un impact considérable sur les besoins alimentaires d’un patient. Certains symptômes du cancer et effets secondaires des traitements, comme la perte d’appétit, les nausées, la douleur, les maux de gorge et de la difficulté à avaler, font en sorte qu’il peut être difficile pour les patients de s’alimenter correctement. [1] Heureusement, il existe des choix alimentaires et des astuces dans la préparation des plats qui peuvent faciliter la tâche du patient et répondre à ses besoins nutritionnels.

Il peut être difficile de trouver un plan nutritionnel qui vous convient durant vos traitements contre le cancer du poumon et c’est souvent un procédé d’essai-erreur pour trouver ce qui fonctionne le mieux. Certains aliments peuvent avoir des impacts négatifs ou positifs sur les symptômes du cancer du poumon. Il est recommandé que vous consultiez un nutritionniste agréé pour trouver un plan nutritionnel qui convient à vos besoins. [2] Voici quelques objectifs que votre plan nutritionnel devrait suivre [3] : 

  • Maintenir un poids santé. Pour certains patients, cela signifie avoir assez de calories pour maintenir leur poids, alors que pour d’autres, la perte de poids peut être considérée. Votre médecin peut vous aider à déterminer votre poids santé. 
  • Avoir un apport adéquat en nutriments essentiels. Ces nutriments sont les protéines, les gras, les glucides et les vitamines et minéraux.  
  • Éviter les aliments qui exacerbent les effets secondaires des traitements. Certains aliments peuvent aggraver la diarrhée, la constipation et les plaies buccales.

Conseils pour la préparation d’aliments et la nutrition

Il est possible d’obtenir une nutrition adéquate même durant les traitements pour le cancer du poumon. Généralement, cela signifie faire des ajustements aux types d’aliments consommés et à la préparation des repas. Le régime fade, qui préconise des aliments à la texture molle, qui contiennent moins de fibres et qui sont légèrement ou pas assaisonnés, est plus doux sur le système digestif et peut aider à prévenir les nausées et autres malaises digestifs. Ce régime comprend, par exemple [4] :  

  • Les fruits et les légumes congelés ou en conserves, 
  • Le gruau d’avoine et la crème de blé, 
  • Les pains faits de farine raffinée 
  • La volaille, les poissons maigres et les crustacés qui sont cuits à la vapeur, au four ou sur le gril sans gras ajouté

Voici d’autres conseils d’alimentation à considérer [5] : 

  • Évitez les aliments qui sont amers, acidulés ou épicés, comme les agrumes et les tomates, car ils peuvent aggraver l’irritation dans la gorge. 
  • Évitez les aliments qui ont une texture rugueuse ou pointue. Cela inclut certains fruits et légumes crus, les craquelins, les chips et les pretzels.  
  • Les repas liquides, comme les soupes et les smoothies, enrichis de protéines ou de glucides peuvent être nutritionnellement complets et évitent d’irriter la gorge.  

Préparation des repas

Les patients qui reçoivent des traitements contre le cancer ont souvent un système immunitaire affaibli. C’est pourquoi il est important d’être tout particulièrement prudent lors de la manipulation des aliments. Voici quelques lignes directrices à suivre [6] :  

  • Lavez vos mains avant de manger 
  • Lavez les fruits et légumes 
  • Soyez particulièrement prudent lorsque vous manipulez des viandes crues (viande, poisson, volaille et oeufs)  
  • Nettoyez toute surface qui a été en contact avec de la viande crue 
  • Cuisez les aliments à la bonne température et buvez des boissons pasteurisées
  • Conserver les aliments à basse température pour minimiser la croissance bactérienne (moins de 4ºC)
  • Évitez les aliments qui ont un fort potentiel de contamination bactérienne, tels que les bars à salade, les sushi et la viande crue. 
  • Informez-vous de la qualité de votre eau auprès des autorités locales si vous suspectez qu’elle pourrait être contaminée. 

Méthodes d’adaptation des patients

Liz Williams, de Levittown, New-York, explique qu’elle consommait beaucoup d’aliments riches en calories (salades, steaks, patates cuites au four, etc.) avant que les traitements de chimio fassent effet, car elle savait qu’elle ne pourrait pas beaucoup manger à ce moment-là. Dans cette situation, elle a découvert qu’elle pouvait parfois ne boire qu’un Sprite dilué ou ne manger que de la soupe poulet et nouilles. [7] « Il est très important de boire suffisamment afin d’évacuer les substances chimiques, » dit-elle, « et de manger dès que vous avez faim pour passer au travers des traitements contre le cancer du poumon. » [8]

Activité physique 

Selon Lee Jones, PhD, directeur scientifique du Duke Center for Cancer Survivorship à la Duke University School of Medicine, le niveau d’activité physique des patients atteints de cancer du poumon est en moyenne de de 30 à 40 % en-dessous de l’adulte en santé moyen, et ce, généralement à cause du tabagisme. [9] «Croyez-le ou non,» dit-il, «mais l’activité physique est le principal déterminant de votre espérance de vie.» [10]

La capacité cardiorespiratoire est la capacité du coeur, des poumons et du système circulatoire à apporter de l’oxygène aux muscles du corps. Cette capacité dépend de l’âge, du sexe et de la quantité d’exercice qu’une personne fait. L’activité physique ne sert pas seulement à améliorer la capacité cardiorespiratoire ; elle permet également de réduire la fatigue, la dépression, l’essoufflement et les troubles de sommeil, et à améliorer la qualité de vie du patient en général. Selon le Dr. Jones, tous les patients atteints de cancer du poumon peuvent bénéficier de l’activité physique, peu importe le stade du cancer, les traitements ou les chirurgies effectuées. [11] 

Cependant, plusieurs professionnels de la santé ne considèrent pas l’activité physique dans leurs plans de traitements pour le cancer du poumon, parce qu’il n’y a pas de consensus établi sur le moment et la manière d’intégrer l’activité physique. [12] 

Plusieurs études sur le sujet ont examiné l’impact de l’activité physique sur la réduction des facteurs de risque du cancer du poumon. Selon le National Cancer Institute, 21 de ces études ont noté que les gens actifs physiquement ont 20% moins de risque de contracter un cancer du poumon.[13] 

Pour les patients déjà diagnostiqués, plusieurs études démontrent que le fait d’accroître l’activité physique peut réduire les symptômes du cancer du poumon et améliorer la qualité de vie des patients.[14] En 2015, l’Université de médecine de la Caroline du Sud passa en revue plusieurs études et en conclut que [15] : 

« Les médecins devraient, au minimum, considérer l’activité physique dès le diagnostic, déconseiller l’inactivité et encourager l’activité physique pour tous les patients et les survivants du cancer du poumon. Ces études reconnaissent unilatéralement qu’il est sécuritaire pour les patients atteints de cancer de faire de l’exercice et de l’activité physique, et que les patients demandent des conseils pour augmenter leur niveau d’activité. De plus, plusieurs études et examens d’études démontrent les bienfaits cliniques de l’activité physique sur la qualité de vie, la capacité cardiovasculaire et les complications post-opératoires. D’autres part, l’inactivité chez les patients est associée à un plus mauvais bilan général. » 

L’exercice aux différents stades du cancer 

Les exercices périopératoires (exercices continus avant et après la chirurgie) pour les patients atteints de cancer du poumon semblent sécuritaires, avec même une amélioration de l’opérabilité, une diminution des risques et des complications dus à l’opération de même qu’une capacité accrue de faire de l’exercice. Cependant, l’activité physique pratiquée avant l’opération est généralement plus bénéfique que celle pratiquée après. Les patients à un stade avancé qui ne sont pas admissibles à la chirurgie pourraient aussi bénéficier de l’exercice et diminuer leurs symptômes, mais il n’y a pas de consensus sur le type d’exercice qui devrait être recommandé pour ce groupe de patients. [17]     

Les patients atteints de cancer qui ont aussi des maladies chroniques et d’autres comorbidités sont plus limités lorsque vient le temps de trouver un type d’exercice qui leur convient. Les exercices cardiovasculaires de faible intensité, comme la marche, peuvent être bénéfiques pour ces patients en attendant de trouver un programme d’activité physique qui leur convient. [18]

Le fait de faire de l’activité physique est tout aussi bénéfique pour les survivants du cancer du poumon que pour les patients qui en sont atteints, surtout pour l’amélioration de la qualité de vie et la gestion des symptômes. [19]

Faire de l’exercice avec le cancer du poumon 

Selon le Dana Farber Cancer Institute, la plupart des patients atteints de cancer du poumon, à tout stade de la maladie, désirent recevoir de l’information de la part d’un médecin sur l’activité physique avant de commencer les traitements. De plus, le fait de le recevoir de la part de leur médecin peut inciter les gens à suivre fidèlement leur plan d’exercice. 

Il est important de consulter votre équipe de soins afin d’avoir un programme d’activité physique adapté à vos besoins. Si vous n’étiez pas très actif physiquement avant votre diagnostic, il est généralement recommandé de commencer avec une activité légère, comme la marche ou des étirements ; si vous étiez déjà actif, vous pouvez continuer à faire une version modifiée de vos activités. [21]

L’aérobie est une bonne façon d’améliorer votre capacité cardiovasculaire. L’aérobie, ou entraînement d’endurance, permet d’améliorer la capacité du coeur à faire circuler le sang et la consommation maximale d’oxygène. Toute activité qui fait travailler le système cardiovasculaire, telle que la marche ou la natation, est une activité aérobique. [22]

Lorsque vient le temps d’établir un programme d’activité physique, le plus important est de commencer avec ce que vous êtes capable d’accomplir et de continuer à partir de ce point. Si une personne s’essouffle après avoir marché 10 mètres, elle peut marcher 5 mètres, se reposer, marcher 5 mètres, et ainsi de suite. Il peut être valorisant de pouvoir accomplir ce genre de petits objectifs. [23]

Vous pouvez utiliser un podomètre pour prendre en note le nombre de pas que vous pouvez accomplir. Le fait d’observer à quel point vous pouvez marcher de plus longues distances au fil du temps peut être très encourageant. [24]

Santé mentale 

Le cancer du poumon n’affecte pas seulement votre corps, il affecte aussi votre esprit. Le fait d’avoir reçu le diagnostic, de recevoir les traitements et d’être un survivant du cancer peut avoir un impact sur votre santé mentale. Les symptômes et effets secondaires ressentis peuvent aussi affecter votre estime de soi, votre humeur et vos relations avec les gens autour de vous. [25] Il est normal d’être sous le choc et dans le déni, ou de ressentir de la peur, de la colère, de l’anxiété et de la frustration. [26] 

Vos proches peuvent avoir de la difficulté à comprendre ce que vous êtes en train de traverser. Les anciens fumeurs ont parfois du ressentiment envers la situation : le fait d’avoir cessé de fumer ne les a pas protégés du cancer du poumon. Quels que soient vos sentiments face à la situation, il est important que vous puissiez en parler à quelqu’un.[27] Cela peut vous aider à mieux gérer vos émotions.

La stigmatisation

Pareillement, il est courant que les patients atteints de cancer ressentent de la honte ou de la culpabilité. Une étude de 2008 a démontré qu’il y a plus de fumeurs et d’ex-fumeurs atteints du cancer du poumon qui ressentent de la honte ou de la culpabilité face à leur cancer que ceux atteints de cancer du sein ou de la prostate.[28]    

Cela pourrait s’expliquer par le fait qu’il y a un lien établi entre le cancer du poumon et le tabagisme, ce qui implique, dans la croyance populaire, que les patients atteints de cancer du poumon sont responsables de leur maladie. [29]

Le tabagisme est une dépendance qui est très difficile à vaincre et il est souvent très difficile d’arrêter de fumer, surtout en l’absence de soutien moral ou de ressources financières. [30] 

La stigmatisation peut être un fardeau pour certains patients [31] : 

  • Sentiment de culpabilité et de honte
  • Peur de révéler leur diagnostic du cancer du poumon 
  • Retrait des situations sociales, ce qui peut mener à un sentiment d’isolement
  • Stress accru et difficulté à gérer ses émotions.
  • Opportunités économiques menacées et problèmes financiers

Tout cela peut avoir un impact sur la qualité de vie des patients et pourrait même augmenter le risque de mortalité. Selon une étude sur la stigmatisation des personnes atteintes du cancer du poumon, cette stigmatisation a un impact profond sur ces patients et ils ont tendance à éviter les rassemblements sociaux de peur de se faire questionner sur leurs habitudes de tabagisme, fondées ou non, ou d’être blâmés implicitement ou explicitement pour leur maladie.[32]

Même si le cancer du poumon est un cancer majeur au Canada, il reçoit rarement l’attention qu’il mérite dans les médias. Généralement, on en parle seulement lorsque des personnalités publiques en décèdent et que leur passé de fumeur est mis à jour. Peu de gens partagent leur histoire en tant que survivant du cancer du poumon ou leur bataille contre le tabagisme.[33]  La compassion de la part des personnes faisant partie du réseau de soutien d’un patient atteint du cancer du poumon de même que des changements dans l’attitude sociale envers le tabagisme et le cancer du poumon jouent un rôle important dans la qualité de vie de ces patients. Bien que ces changements vont prendre du temps, Cancer pulmonaire Canada affirme que les groupes de soutien peuvent aider les patients à gérer la stigmatisation et la culpabilisation.  [34]

Références

[1] « Cooking Tips for the Lung Cancer Patient. » Everyday Health. Everyday Health, 29 Sept. 2010. Web. 19 Apr. 2016.
[2] « Nutrition. » American Lung Association. American Lung Association, 2016. Web. 19 Apr. 2016.
[3] ibid.
[4] ibid.
[5] « Cooking Tips for the Lung Cancer Patient. » Everyday Health. Everyday Health, 29 Sept. 2010. Web. 19 Apr. 2016
[6] « Nutrition. » American Lung Association. American Lung Association, 2016. Web. 21 Apr. 2016.
[7] « Cooking Tips for the Lung Cancer Patient. » Everyday Health. Everyday Health, 29 Sept. 2010. Web. 19 Apr. 2016.
[8] ibid.
[9] Meyer, Lacey. « Lung Cancer and Exercise? » Cure Today. Cure Today, 4 Mar. 2010. Web. 22 Apr. 2016.
[10] ibid.
[11] ibid.
[12] Wynes, Murry W. « Physical Activity Benefits Lung Cancer Patients, Survivors. » International Association for the Study of Lung Cancer (2015): Science Daily. International Association for the Study of Lung Cancer, 2 Apr. 2015. Web. 22 Apr. 2016.
[13] « Physical Activity and Cancer. » National Cancer Institute. National Cancer Institute, 22 July 2009. Web. 22 Apr. 2016.
[14] Wynes, Murry W. « Physical Activity Benefits Lung Cancer Patients, Survivors. » International Association for the Study of Lung Cancer (2015): Science Daily. International Association for the Study of Lung Cancer, 2 Apr. 2015. Web. 22 Apr. 2016.
[15] ibid.
[16] ibid.
[17] ibid.
[18] ibid.
[19] ibid.
[20] « Exercising with Lung Cancer. » Dana Farber Cancer Institute. Dana Farber Cancer Institute, 2016. Web. 22 Apr. 2016.
[21] ibid.
[22] Meyer, Lacey. « Lung Cancer and Exercise? » Cure Today. Cure Today, 4 Mar. 2010. Web. 22 Apr. 2016.
[23] ibid.
[24] ibid.
[25] « Coping with Lung Cancer. » Cancer Research UK. Cancer Research UK, 31 Mar. 2014. Web. 27 Apr. 2016.
[26] »Emotional Effects of Lung Cancer. » Livestrong.com. Livestrong.com, 27 Jan. 2015. Web. 27 Apr. 2016.
[27] ibid.
[28] ibid.
[29] « Stigma. » Lung Cancer Canada. Lung Cancer Canada, 2016. Web. 27 Apr. 2016.
[30] ibid.
[31] ibid.
[32] ibid.
[33] ibid.
[34] ibid.