Faites-vous vacciner contre la rougeole!

Publié le 27 février 2019 par le Réseau canadien des survivants du cancer
Écrit par : Marina Canalejo, adjointe aux politiques publiques,
Révisé par : Jacqueline Thurston, BHSc
Traduit par : Siobhan Morgulis, HBA         

Une nouvelle vague d’épidémie infectieuse, grave et mortelle mondiale refait surface : la rougeole est de retour.  La rougeole est une maladie très contagieuse qui se transmet par voie aérienne lorsque vous êtes en contact avec une personne atteinte. La cause principale de décès suite à la rougeole est due à des complications comme la pneumonie ou l’encéphalite aiguë.

Avant l’introduction du vaccin contre la rougeole en 1963, 300 000 à 400 000 cas de rougeole étaient déclarés annuellement au Canada. Depuis son introduction, l’incidence de la rougeole a diminué de plus de 95 %. En 1998, le Canada a réussi à éradiquer la rougeole grâce à l’ajout d’une deuxième dose du vaccin dans le programme d’immunisation [1].

Cependant, la rougeole est facile à contracter et reste assez répandue dans d’autres pays, de sorte que des cas de rougeole importés de l’étranger persistent et continuent d’être identifiés. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le voyage peut mettre des populations vulnérables à risque de contracter la rougeole si elles ne sont pas vaccinées. Avant de voyager à l’étranger, l’OMS recommande deux doses de vaccin contre la rougeole pour tous les enfants et au moins une dose pour ceux qui ne sont pas sûrs de leur antécédent immunitaire [2].

Les données mondiales indiquent que les cas déclarés de rougeole ont augmenté de 300 % au cours des trois premiers mois de 2019. Pourtant, il faut savoir que seulement 1 cas sur 10 sera signalé et que les vrais chiffres sont donc beaucoup plus élevés. En 2019, 112 163 cas de rougeole ont été signalés dans 170 pays, alors qu’il y en avait 28 124 en 2018[3]. On a déjà signalé 51 cas de rougeole au Canada cette année, comparé à 29 cas en 2018 [4].

La rougeole est une maladie très dangereuse, dans la mesure où elle est extrêmement contagieuse présentant des risques graves, voire mortels. En 2017, l’année la plus récente pour laquelle des estimations sont disponibles, elle a causé près de 110 000 décès. Même si elles ne sont pas fatales, les complications possibles peuvent entraîner un handicap permanent comme des lésions cérébrales, la cécité, ou une perte auditive [3]. Les taux d’incidence et de mortalité de la rougeole ont été plus élevés dans les pays à faible revenu, surtout en Afrique et en Asie, en raison de la faiblesse des systèmes de santé, de la surpopulation et du manque de pratiques de vaccinations [5].


Un enfant avec une éruption rougeoleuse couvrant le corps en entier. Cette éruption se manifeste généralement 3 à 5 jours après le début des symptômes.

La rougeole est contagieuse jusqu’à 4 jours avant l’apparition des symptômes et 4 jours après leur disparition. Vous pouvez donc infecter quelqu’un d’autre avant que vous ne sachiez que vous l’avez vous-même. De graves complications peuvent se manifester chez les adultes, notamment des otites, la cécité, la pneumonie et l’enflure du cerveau, ou l’encéphalite, qui peuvent causer des crises, des lésions cérébrales et même la mort [6].

Des études ont montré que la vaccination est le moyen le plus efficace et le plus sûr de combattre la rougeole – avec les deux doses, la vaccination est presque à 100% efficace. La première dose est administrée entre 12 et 15 mois, et la deuxième dose avant d’entrer à l’école [7]. Les preuves indiquent que le vaccin apporte une immunité à long terme, et potentiellement à vie.

Au Canada, on présume généralement que tous les adultes nés avant 1970 ont acquis une immunité naturelle, puisque des taux élevés de rougeole circulaient à cette époque [7]. On recommande aux adultes nés en 1970 et après cette date, ou qui n’ont pas de dossier de vaccination adéquat, de se faire vacciner contre la rougeole pour assurer leur immunité [8].

Le vaccin contre la rougeole n’est pas recommandé pour les personnes déjà gravement immunodéprimées, puisque c’est un vaccin vivant et le vaccin lui-même pourrait accroître la maladie. Il est recommandé d’obtenir l’autorisation de votre médecin avant de vous faire vacciner [8]. Les personnes atteintes de cancer, les patients ayant subi une transplantation d’organes, les personnes atteintes de maladies héréditaires qui affectent le système immunitaire comptent, entre autres, parmi les personnes immunodéprimées.

Selon les CDC, la rougeole « peut être grave et prolongée chez les personnes immunodéprimées, en particulier celles qui souffrent de certaines leucémies, lymphomes ou infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ». Dans ces cas, la rougeole peut apparaître sans présenter le symptôme typique d’une éruption cutanée et elle peut demeurer contagieuse pendant plusieurs semaines après l’apparition d’une forme
aiguë de la maladie [9].

Habituellement, le vaccin ne cause aucun problème à ceux qui l’ont reçu. Cependant, il peut parfois y avoir des symptômes légers et transitoires après la vaccination, comme la douleur et la rougeur au point d’injection ou une faible fièvre. Comme pour tout autre vaccin, il y a aussi la possibilité d’une réaction allergique [10].


Une dose de vaccin contre la rougeole (ROR). Si une personne reçoit deux doses, elle acquiert généralement une immunité contre le virus de la rougeole.

Il n’existe aucun remède contre la rougeole et peu de traitements pour la combattre. Les traitements existants se limitent à soulager les symptômes et à prévenir les complications graves [6].

Si moins de 72 heures se sont écoulées depuis le contact avec une personne infectée par la rougeole, il est toujours possible d’administrer le vaccin ROR à une personne non immunisée. Cependant, cela n’élimine pas complètement la possibilité d’une infection rougeoleuse suite à une exposition [8].

L’immunoglobuline (Ig) s’est avérée être une mesure de prévention efficace pour les personnes les plus vulnérables exposées à la rougeole et en particulier ceux pour lesquels le risque de complications est accru (c.-à-d. les nourrissons âgés de moins d’un an, les femmes enceintes ou les personnes immunodéprimées).

Les Ig augmentent le niveau de réponse immunitaire et peuvent aider à réduire les risques de complications de la maladie. Si elle est administrée dans les six jours suivant l’exposition, une dose d’Ig peut prévenir ou modifier la rougeole chez une personne non immunisée [8].

Il y a un très faible risque que de sérieux problèmes surviennent après la vaccination. Cependant, les risques potentiels associés à la rougeole sont beaucoup plus graves que les risques potentiels associés au vaccin.

La National Foundation for Infectious Diseases souligne un certain nombre de réalités sur la rougeole qui devraient être considérées [11] :

FAIT : La rougeole peut être évitée grâce à un vaccin sûr et efficace.

FAIT : Le risque de décès par rougeole est plus élevé chez les adultes et les nourrissons que chez les enfants.

FAIT : Aux États-Unis, presque la moitié des cas de rougeole se trouvaient chez des adultes non vaccinés âgés de 20 ans et plus.

FAIT : Les femmes enceintes qui contractent la rougeole courent un risque accru de travail précoce, de fausse couche ou de faible poids à la naissance.

FAIT : La rougeole est contagieuse de quatre jours avant à quatre jours après l’apparition de l’éruption.

FAIT : La rougeole peut causer une pneumonie et/ou une inflammation cérébrale potentiellement mortelles, une infection de l’oreille moyenne, une diarrhée grave et parfois la mort.

FAIT : Les éclosions de rougeole se manifestent principalement chez les personnes qui n’ont pas été vaccinées contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR).

FAIT : La plupart des cas de rougeole résultent d’infections contractées dans d’autres pays ou sont liés à des cas importés.

FAIT : À l’échelle mondiale, la rougeole continue d’être endémique, entraînant 164 000 décès à chaque année.


[1] “Measles in Canada”, Public Health Canada, 2019. 
https://www.canada.ca/en/public-health/services/diseases/measles/measles-in-canada.html

[2] “International Travel and Health”, World Health Organization, n.d. 
https://www.who.int/ith/vaccines/measles/en/

[3] New measles surveillance data for 2019?, World Health Organization, n.d. https://www.who.int/immunization/newsroom/measles-data-2019/en/

[4] “Weekly measles and rubella reports”, Public Health Canada, 2019. 
https://www.canada.ca/en/public-health/services/diseases/measles/surveillance-measles/measles-rubella-weekly-monitoring-reports.html

[5] “Measles”, World Health Organization, May 2019. 
https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/measles

[6] “Measles: Symptoms and treatment”, Public Health Canada, 2019. 
https://www.canada.ca/en/public-health/services/diseases/measles.html

[7] “Measles: Prevention and risks”, Public Health Canada, 2019. 
https://www.canada.ca/en/public-health/services/diseases/measles/prevention-risks.html

[8] “Measles vaccine: Canadian Immunization Guide”, Public Health Canada, 2018. 
https://www.canada.ca/en/public-health/services/publications/healthy-living/canadian-immunization-guide-part-4-active-vaccines/page-12-measles-vaccine.html

[9] “Measles, Mumps, and Rubella — Vaccine Use and Strategies for Elimination of Measles, Rubella, and Congenital Rubella Syndrome and Control of Mumps: Recommendations of the Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP)”, Centers for Disease Control and Prevention, 1998.
https://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/00053391.htm

[10] “Measles, Mumps, and Rubella Vaccine”, HealthLink BC, 2019. 
https://www.healthlinkbc.ca/medications/zb1219

[11] “Facts about Measles for Adults”, National Foundation for Infectious Diseases, January 2012. 
http://www.adultvaccination.org/vpd/measles/adultvaccination-facts-about-measles-for-adults.html

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