Second souffle : S’épanouir après le cancer du poumon – Dann Wonser 

Je dois être l’homme vivant le plus chanceux du monde, parce que je suis encore vivant. 

Tout a commencé lorsque je me suis fracturé les côtes. Cette «fracture de chance» a mené à une radiographie et c’est comme ça que la tache sur mes poumons a été découverte. Si j’avais seulement été testé lorsque j’aurais eu des symptômes, ça aurait sûrement été déjà trop tard pour moi. Le cancer était déjà au stade III, et, à l’ère médiévale qu’était 2006, les seules options disponibles étaient la chimio, la radiothérapie et la chirurgie.     

Encore une fois, j’ai été chanceux, parce que le combo de chimio/lobectomie supérieure gauche/chimio a été suffisant pour que je sois en état d’« aucune preuve de maladie » durant presque cinq ans.

Lorsque j’ai reçu le diagnostic à nouveau en 2011, le cancer était déjà au stade IV, avec des milliers de taches partout dans mes poumons. Les traitements génétiques ciblés étaient disponibles, mais j’ai testé négatif pour les deux mutations qui étaient traitables à l’époque. Mon chirurgien m’a dit de mettre mes affaires en ordre, et mon oncologue a admis qu’il n’était pas la meilleure personne pour me traiter, car il n’était pas un spécialiste du cancer du poumon. (QUOI?!) Sa clinique ne retournait même plus mes appels, alors je suis allé voir un autre oncologue dans un autre système. Pour la première fois en cinq ans, je planifiais mes propres funérailles et je pensais n’avoir que cinq mois à vivre.     

Lorsque j’ai commencé la chimio, j’ai été re-testé pour trente-quatre mutations génétiques dans le cadre d’un protocole de recherche. Cette fois, j’ai testé positif pour la mutation R-EGF. Quelles sont les chances d’avoir un résultat faux-négatif et d’ensuite devoir être re-testé pour une raison quelconque? 

J’ai fini la chimio, et j’ai continué à prendre de l’Avastin jusqu’à ce que mes reins se mettent à protester en relâchant des protéines et en faisant monter en flèche ma pression sanguine. L’Avastin affecte parfois les cellules cancéreuses bien après qu’il soit sorti du corps. Dans mon cas, ça voulait dire que j’ai pris seulement de l’Avastin pendant sept mois et qu’ensuite je n’ai pas reçu de traitements pendant onze mois!   
Après cela, j’ai pris le médicament Tarceva durant treize mois. Puisque le cancer s’était répandu dans mon dos et mes hanches, j’avais aussi de la radiothérapie pour soulager la douleur. Je suis reconnaissant que cela ait fonctionné, même si parfois je devais me déplacer en chaise roulante. Après ça, je suis retourné au gym chaque jour.    

Ma chance incroyable s’est poursuivie lorsque mon oncologue m’a dit que le cancer progressait à nouveau, et qu’il n’avait rien à m’offrir en dehors de la radiothérapie ciblée et la chimio. J’étais mieux informé que lui, alors le lendemain je me suis inscrit à l’essai clinique pour AZD9291 (Tagrisso). J’ai eu mon premier rendez-vous trois jours avant que l’essai cesse d’accepter des nouveaux patients! Je n’allais pas me laisser arrêter par le fait que l’essai avait lieu à des milliers de kilomètres, à San-Diego (j’habite à Portland).     

Je prends le Tagrisso depuis quarante mois maintenant, sans aucune progression du cancer. J’en suis reconnaissant chaque jour. Mon plan est de continuer comme ça jusqu’à ce que le prochain traitement dont j’ai besoin soit disponible. En attendant une cure, je considère le cancer du poumon comme une maladie chronique plutôt qu’une condamnation à mort. 

Ce cancer a eu un impact majeur sur ma vie. Elle est meilleure! J’étais autrefois renfermé, réservé et farouchement indépendant, mais maintenant j’ai appris que je ne peux pas tout faire tout seul. J’ai partagé davantage avec mes amis et ma famille, qui m’ont donné plus que ce que j’aurais pu imaginer en retour. Cela fait en sorte que c’est plus facile pour moi de m’ouvrir aux autres ; je suis devenu plus affectueux. Mes priorités sont plus claires, parce que je sais maintenant qui sont les personnes et les choses importantes dans ma vie. 

Par conséquent, j’ai décidé de partager mon histoire, en premier à des proches par courriel et maintenant sur un mon blogue, à www.dannwonser.com. Je suis même allé plus loin et j’ai écrit un livre pour partager mes anecdotes sur la manière de trouver de l’espoir, de la joie et un sens à la vie, et tout l’amour qui s’est manifesté avec plus d’acuité au cours de ces douze dernières années. Voici le lien : https://amzn.to/2Hgi0RT        

Si vous m’aviez connu avant mon diagnostic, vous sauriez que le fait que je parle de moi à des étrangers est un miracle plus incroyable que le fait que je sois encore vivant!

Mes amis, nous sommes sur la bonne voie pour de nouveaux traitements. Continuons à faire de notre mieux pour surpasser ce cancer.  

Dann Wonser survit depuis 12 ans avec à un cancer du poumon de stade IV et reçoit encore des traitements. Il est un orateur, membre de comités locaux et nationaux pour le cancer du poumon, qui fait pression auprès des congrès d’États et du Congrès des États-Unis au sujet d’enjeux liés au cancer du poumon. Vous pouvez en savoir plus sur le parcours de Dann sur son site web. Il vit à Portland, dans l’Oregon.